Camille CLAUDEL : Sa Vie d’Odile AYRAL-CLAUSE

“Le métier de sculpteur est pour un homme une espèce de défi perpétuel au bon sens, il est, pour une femme isolée et pour une femme au tempérament de ma soeur, une pure impossibilité” de Paul CLAUDEL (1951).

Bibliothèque HAZAN

Quelle belle mise en lumière par Odile AYRAL-CLAUSE sur la personne de Mademoiselle Camille CLAUDEL ! Ce livre constructif s’appuie sur une recherche approfondie ; de témoignages, de courriers, de photos. Il met en relief, le parcours de vie et la personnalité de Camille, repoussant toute forme de fiction. Après l’avoir lu, vous n’aurez plus jamais, la même perception sur cette femme sculptrice. Dans les années 1880, la femme artiste n’avait pas le droit d’intégrer les beaux-arts. Elle n’avait pas accès au nu. Elle était traitée en infériorité.

Son génie, s’est façonné dans son travail acharné.

Entêtée et tyrannique avec les autres, pour mener à bien son oeuvre.

Animée, au cours de son enfance, par cette terre à Villeneuve, qui regorgeait d’un riche argile rouge.

Grâce aux correspondances, nous découvrons un RODIN aimant. Camille était  entourée d’amis fidèles,  un père et un frère qui l’adorait et la craignait à la fois.

Mais fière, Camille repoussait l’aide, s’enfermant dans un obscurantisme total, voulant à juste titre, être reconnue en tant que femme sculptrice, dans un monde qui n’était pas malheureusement pas prêt !

 

Psyché – Illusion ou Réalité ?

-« Il serait temps que tu te lèves ! ».

Psyché sursaute… tousse… Psyché a du mal à reprendre sa respiration… Psyché s’assied… Non je ne vais pas mourir… pas maintenant.

Psyché reprend ses esprits :

-« Ai-je rêvé ? Ce visage collé au mien. Sa face m’apparaissant, à une vitesse lumière. Je n’arrive pas à me souvenir de la couleur de ses yeux. Mais celle de ses cheveux, blonds, avec cette mèche de côté.  C’est cette vision fulgurante, qui m’a coupée le souffle. Qui est-il ? Un ange ? Un démon ? Illusion ou réalité ? »

Psyché prend peur et à haute voix :

-« Mais, qui émet ces sons si  mélodieux, si aigües ? »

Comme prise à défaut, les voix s’éloignent et se taisent.

Une voix appelle de derrière la porte :

-« Psyché ! Psyché ! il est temps de se lever ! Ça va ? Je t’ai entendu tousser ? »

-« Me voici revenir dans la réalité » pense Psyché

-« Oui maman, çà va ? Et toi ? »

-« Oui tout va bien, merci »

Tout en me brossant mes longs cheveux auburns, sans état d’âme, lasse, je me juge devant ce miroir. Je ne comprends pas, pourquoi tant de popularité ? Pourquoi hommes, femmes, jeunes se déplacent pour m’admirer, quittent à s’endetter dans les voyages ? Ils portent la main droite sur leur lèvre pour la baiser, l’index posé sur le pouce levé, tout comme pour la grande déesse Aphrodite.

Pourquoi tant d’admiration et tant de solitude ! Mes deux sœurs cadettes, après avoir été joyeusement courtisées par de bons partis royaux, sont mariées. Elles font la fierté de mes parents.

Quelle méchante fée, s’est penchée sur mon berceau, pour agiter sa baguette en me jetant un mauvais sort ?  ! N’y a –t- il personne pour me délivrer ? Serai-je parée jusqu’à ma mort de ma fleur virginale ?

Après ce constat, Psyché sort dans la rue. Un essaim d’hommes se déplacent dans sa direction. Ils examinent attentivement son enveloppe charnelle, l’œil avide. Leurs bouches forment un «Ô » d’émerveillement.

Psyché ne lève pas ses yeux.  Elle presse le pas et pense :

« Bien sûr, j’ai été émue par tant d’égards pour ma petite personne. Mais, aujourd’hui, je suis lasse de tous ces regards curieux, qui deviennent lassants, indécents. J’ai bien peur d’aiguiser la jalousie, d’Aphrodite.

En apesanteur

Je m’éclipse de ce monde dans un large envol. Mes ailes incommensurables fendent l’air, vigoureusement. Mes paupières se ferment. Je m’amuse à osciller de gauche à droite, à une vitesse inexprimable pour un être humain. Eux… pardon… les Terriens,  ils s’essaient sur de pitoyables attractions, levant les bras en l’air, victorieux, hurlant à gorges déployées. Le jour où j’ai pris place sur un siège délaissé, à côté d’une charmante jeune fille, je n’ai pris aucun plaisir, si ce n’est d’observer son visage défiguré par la peur. Enfin, je suppose !

Là-haut, je ne ressens aucune frayeur. Je n’éprouve aucun sentiment.  j’ai l’immensité de l’Univers et je me sens si, si, léger… Je n’éprouve plus que la sensation de liberté ! Je suis comme un point, aspiré par l’infini.

J’entends dans les airs, des notes qui flottent jusqu’à moi. Ils sont si mélodieux, si apothéotiques, que vous ne pouvez  ni les émettre,  ni les percevoir,  avant de vous parfaire en un ange. Debuzzy, Beethoven, Liszt, Mozart, Tchaikovsky et bien d’autres, déjà illustres sur Terre, sont devenus des Dieux dans l’Infini. Ils viennent vous voir, pour insuffler leurs notes, à qui veux bien y prêter attention.Mais vous êtes si préoccupés à des choses futiles, comme le pouvoir, le matériel, que bien peu d’êtres y prêtent attention.

Mon rôle à moi est de vous trouver l’amour. Mais comme je n’y connais rien, souvent je me trompe. Je m’amuse à faire et défaire des couples.

Et cette fois-ci, j’ai le devoir d’assouvir le désir de vengeance de ma mère,  si je ne veux pas qu’ Aphrodite, me retire mes flèches et mon carquois.

 

Les Tribulations d’une cuisinière Anglaise de Margaret Powell, un récit qui a inspiré la série “Downton Abbey”

Un récit qui a inspiré la série “Downton Abbey”.

Les tribulations d’une Cuisinière Anglaise

“C’est quelque chose d’enraciné en soi, et même si çà prend dix, vingt ou quarante ans, on finit par être capable de réaliser le désir qu’on avait depuis le début” de Margaret Powell.

Mon Chou à la Crème

Résumé :  Deuxième d’une famille de sept enfants, dans l’Angleterre des années 1920, Margaret obtient son concours d’entrée au collège, à l’âge de treize ans. Désirant devenir institutrice, ses parents de condition pauvre, font la démarche, pour s’entretenir avec la directrice. Mais à cette époque, les bourses ne l’État n’existent pas. Sachant que Margaret ne toucherait pas un sou avant ses dix huit ans et qu’ils devraient assurer nourriture et vêtement, Margaret est obligée d’arrêter ses études. Margaret ne souffre pas de cette pauvreté, au contraire Margaret est très gaie. Elle nous parle de cette joie, de jouer en toute liberté,  contrairement aux enfants riches, dont leur liberté est restreinte, surveillés par des nounous.

Margaret rentre dans des familles, nourrie, logée, tout d’abord comme fille de cuisine, mais grâce à son intelligence, elle obtient rapidement un poste de “Cuisinière”.

Margaret a pour objectif dès le départ, de se trouver un mari à l’extérieur, qui la libèrera.

Margaret est à l’opposé, des serviteurs  qui vivent à travers leurs maîtres tant qu’ils finissent par les imiter. Elle rend son tablier bien souvent, pour vivre d’autres expériences,  levant le voile sur les dessous de  ses différentes maisons et de leurs maîtres.   Grâce à son témoignage, nous traversons avec Margaret,  l’évolution de la condition de la cuisinière de 1920 à celle des années 1960.

Mon Tournedos sauté Châtelaine, pommes noisettes sur fond d’artichaut

 

 

 


 

 

 

 

 

 

La déchéance d’Aphrodite, devant l’innocence et la beauté de Psyché

C’est à l’incroyable crise de jalousie,  de ma mère Aphrodite , née du sein azuré des mers et formée de la rosée des vagues écumeuses, que je dois ma rencontre, avec la plus palpitante âme terrestre.

Elle tient ce discours :

  • “Moi, qui a été élue par le berger Paris, couronnée par le grand Zeus, pour régner au titre de “déesse de l’amour et de la beauté, devant deux grandes divinités Héra et Pallas. Me voici détrônée, par une jeune mortelle !” hurle t-elle folle de rage.
  • “Que ce soit à Paphos, à Cnide sur la côte d’Asie Mineure, dans l’île de Cythère, tous mes sanctuaires sont désertés ! Plus personne, ne vient y faire des sacrifices. Plus de cérémonies célébrées en mon honneur ! Mes coussins sont piétinés ! Mes images restent sans couronnes ! Que de cendres refroidies souillent mon autel !

Le peuple de tout le continent se déplace,  pour venir contempler une jeune mortelle, au nom de Psyché. Ils portent leur main droite à leur lèvres, pour la baiser, l’index posé sur le pouce levé. Ils lui adressent des prières. Ils lui implorent sa grâce . Ils la couvrent de guirlandes et de fleurs, quand elle traverse la rue.

Je n’ai jamais vu ma mère si en colère, sa très grande beauté, n’ayant jamais été remit en cause. Mais, je sais qu’au fil des âges, elle avait perdu de sa beauté.

Mauvais garnement, j’ai envie de retourner son coeur déjà inquiété, en rajoutant :

-“Psyché est encore plus belle, parée de sa fleur virginale” et je ris de bon coeur.

Le visage d’Aphrodite se décompose :

-“Arrête de rire bêtement ! Je suis ta mère ! Tu n’as pas honte de te moquer de moi ainsi ! Grâce à moi, tu as hérité de cette torche, de cet arc et de ces flèches.” me reproche t-elle.

Et dans un commandement :

-“Sers-toi de cet attirail et apprête-toi à me venger ! Attise le coeur de cette jeune mortelle, pour le plus infortuné être mortel.”

Ma mère me sait joueur. Elle sait très bien, que je vais prendre un sacré plaisir, à retourner sa beauté et son innocence, contre la belle Psyché. Et, c’est comme çà, que j’eus le plaisir, de croiser le plus beau regard de la Terre.

 

 

Chapitre 1 : ÉROS de Chantal Panas

Je suis le plus fallacieux des anges ailés. Mes cheveux sont parfumés à l’ambroisie. De ma mère, la somptueuse déesse grecque Aphrodite, j’ai hérité d’une torche, d’un arc, de flèches et d’un carquois de Crète, pour m’amuser à vous irriter.La nuit installée, je descends des cieux, pour profaner votre terre.Je plane devant vos fenêtres, à la recherche d’une belle âme. Je m’incruste dans l’une d’elle, en douceur.Allongés dans votre lit, sans que vous ne soupçonnez ma présence, je vous observe. Fixé en l’air grâce à mes ailes, j’approche mon visage du vôtre. Le ressenti d’une présence et d’une légère brise, va effleurer votre esprit et votre peau.

Selon mon humeur du jour et l’envie de me divertir, je vais vous attribuer le plus merveilleux ou plus détestable des amours. Même à ma mère, je lui joue des tours. Je la déshabille chaque jour. Je la bats et j’anime son coeur à ma fantaisie. Pour punition, elle me retire un temps, mes instruments de plaisir.

C’est à cet instant,  que je retire de mon carquois la flèche empoisonnée. Je cible de mon regard vif, cette poitrine apaisée. Au même instant, elle se retourne, me fixe de ses grands yeux ébahis.  Devant tant d’insouciance et de beauté, je me dis que je vais bien pouvoir m’amuser.

Je décide qu’elle sera mienne et je tire la flèche.

J’entends une voix à travers la porte qui appelle “Psyché, Psyché !”.

Je lui jette un dernier regard malicieux,  avant de repartir dans les cieux.

 

 

 

 

 

 

L’Autre – texte de Chantal PANAS

Prologue,

Je voyageais avec l’Autre, loin de la terre. Il m’enroulait de ses ailes majestueuses, d’une blancheur éclatante.

Je découvrais l’immensité, en même temps que ma petitesse.

Je me sentais si légère !

J’étais suspendue dans les airs.

Je flottais dans l’espace,  soutenue par l’Autre.

Notre trajet était éclairé, par des lanternes ; ces milliards de lustres d’étoiles.

Nous étions entièrement libres ; sans notion de temps ; sans attaches ; sans frontières.

La vie ne pouvait s’arrêter sur un tracé aussi exceptionnel, que l’infini…

Nous parcourions à une vitesse vertigineuse.

Là d’en-haut, mon âme flottait.

La béatitude m’enveloppait.

J’étais envahie d’une chaleur insoutenable… et pourtant si douce…si mielleuse, si caressante, comme le plumage qui recouvre ton corps d’oiseau… mon Cher Éros.

Psyché