En apesanteur

Je m’éclipse de ce monde dans un large envol. Mes ailes incommensurables fendent l’air, vigoureusement. Mes paupières se ferment. Je m’amuse à osciller de gauche à droite, à une vitesse inexprimable pour un être humain. Eux… pardon… les Terriens,  ils s’essaient sur de pitoyables attractions, levant les bras en l’air, victorieux, hurlant à gorges déployées. Le jour où j’ai pris place sur un siège délaissé, à côté d’une charmante jeune fille, je n’ai pris aucun plaisir, si ce n’est d’observer son visage défiguré par la peur. Enfin, je suppose !

Là-haut, je ne ressens aucune frayeur. Je n’éprouve aucun sentiment.  j’ai l’immensité de l’Univers et je me sens si, si, léger… Je n’éprouve plus que la sensation de liberté ! Je suis comme un point, aspiré par l’infini.

J’entends dans les airs, des notes qui flottent jusqu’à moi. Ils sont si mélodieux, si apothéotiques, que vous ne pouvez  ni les émettre,  ni les percevoir,  avant de vous parfaire en un ange. Debuzzy, Beethoven, Liszt, Mozart, Tchaikovsky et bien d’autres, déjà illustres sur Terre, sont devenus des Dieux dans l’Infini. Ils viennent vous voir, pour insuffler leurs notes, à qui veux bien y prêter attention.Mais vous êtes si préoccupés à des choses futiles, comme le pouvoir, le matériel, que bien peu d’êtres y prêtent attention.

Mon rôle à moi est de vous trouver l’amour. Mais comme je n’y connais rien, souvent je me trompe. Je m’amuse à faire et défaire des couples.

Et cette fois-ci, j’ai le devoir d’assouvir le désir de vengeance de ma mère,  si je ne veux pas qu’ Aphrodite, me retire mes flèches et mon carquois.

 

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