Psyché – Illusion ou Réalité ?

-« Il serait temps que tu te lèves ! ».

Psyché sursaute… tousse… Psyché a du mal à reprendre sa respiration… Psyché s’assied… Non je ne vais pas mourir… pas maintenant.

Psyché reprend ses esprits :

-« Ai-je rêvé ? Ce visage collé au mien. Sa face m’apparaissant, à une vitesse lumière. Je n’arrive pas à me souvenir de la couleur de ses yeux. Mais celle de ses cheveux, blonds, avec cette mèche de côté.  C’est cette vision fulgurante, qui m’a coupée le souffle. Qui est-il ? Un ange ? Un démon ? Illusion ou réalité ? »

Psyché prend peur et à haute voix :

-« Mais, qui émet ces sons si  mélodieux, si aigües ? »

Comme prise à défaut, les voix s’éloignent et se taisent.

Une voix appelle de derrière la porte :

-« Psyché ! Psyché ! il est temps de se lever ! Ça va ? Je t’ai entendu tousser ? »

-« Me voici revenir dans la réalité » pense Psyché

-« Oui maman, çà va ? Et toi ? »

-« Oui tout va bien, merci »

Tout en me brossant mes longs cheveux auburns, sans état d’âme, lasse, je me juge devant ce miroir. Je ne comprends pas, pourquoi tant de popularité ? Pourquoi hommes, femmes, jeunes se déplacent pour m’admirer, quittent à s’endetter dans les voyages ? Ils portent la main droite sur leur lèvre pour la baiser, l’index posé sur le pouce levé, tout comme pour la grande déesse Aphrodite.

Pourquoi tant d’admiration et tant de solitude ! Mes deux sœurs cadettes, après avoir été joyeusement courtisées par de bons partis royaux, sont mariées. Elles font la fierté de mes parents.

Quelle méchante fée, s’est penchée sur mon berceau, pour agiter sa baguette en me jetant un mauvais sort ?  ! N’y a –t- il personne pour me délivrer ? Serai-je parée jusqu’à ma mort de ma fleur virginale ?

Après ce constat, Psyché sort dans la rue. Un essaim d’hommes se déplacent dans sa direction. Ils examinent attentivement son enveloppe charnelle, l’œil avide. Leurs bouches forment un «Ô » d’émerveillement.

Psyché ne lève pas ses yeux.  Elle presse le pas et pense :

« Bien sûr, j’ai été émue par tant d’égards pour ma petite personne. Mais, aujourd’hui, je suis lasse de tous ces regards curieux, qui deviennent lassants, indécents. J’ai bien peur d’aiguiser la jalousie, d’Aphrodite.

En apesanteur

Je m’éclipse de ce monde dans un large envol. Mes ailes incommensurables fendent l’air, vigoureusement. Mes paupières se ferment. Je m’amuse à osciller de gauche à droite, à une vitesse inexprimable pour un être humain. Eux… pardon… les Terriens,  ils s’essaient sur de pitoyables attractions, levant les bras en l’air, victorieux, hurlant à gorges déployées. Le jour où j’ai pris place sur un siège délaissé, à côté d’une charmante jeune fille, je n’ai pris aucun plaisir, si ce n’est d’observer son visage défiguré par la peur. Enfin, je suppose !

Là-haut, je ne ressens aucune frayeur. Je n’éprouve aucun sentiment.  j’ai l’immensité de l’Univers et je me sens si, si, léger… Je n’éprouve plus que la sensation de liberté ! Je suis comme un point, aspiré par l’infini.

J’entends dans les airs, des notes qui flottent jusqu’à moi. Ils sont si mélodieux, si apothéotiques, que vous ne pouvez  ni les émettre,  ni les percevoir,  avant de vous parfaire en un ange. Debuzzy, Beethoven, Liszt, Mozart, Tchaikovsky et bien d’autres, déjà illustres sur Terre, sont devenus des Dieux dans l’Infini. Ils viennent vous voir, pour insuffler leurs notes, à qui veux bien y prêter attention.Mais vous êtes si préoccupés à des choses futiles, comme le pouvoir, le matériel, que bien peu d’êtres y prêtent attention.

Mon rôle à moi est de vous trouver l’amour. Mais comme je n’y connais rien, souvent je me trompe. Je m’amuse à faire et défaire des couples.

Et cette fois-ci, j’ai le devoir d’assouvir le désir de vengeance de ma mère,  si je ne veux pas qu’ Aphrodite, me retire mes flèches et mon carquois.

 

L’Autre – texte de Chantal PANAS

Prologue,

Je voyageais avec l’Autre, loin de la terre. Il m’enroulait de ses ailes majestueuses, d’une blancheur éclatante.

Je découvrais l’immensité, en même temps que ma petitesse.

Je me sentais si légère !

J’étais suspendue dans les airs.

Je flottais dans l’espace,  soutenue par l’Autre.

Notre trajet était éclairé, par des lanternes ; ces milliards de lustres d’étoiles.

Nous étions entièrement libres ; sans notion de temps ; sans attaches ; sans frontières.

La vie ne pouvait s’arrêter sur un tracé aussi exceptionnel, que l’infini…

Nous parcourions à une vitesse vertigineuse.

Là d’en-haut, mon âme flottait.

La béatitude m’enveloppait.

J’étais envahie d’une chaleur insoutenable… et pourtant si douce…si mielleuse, si caressante, comme le plumage qui recouvre ton corps d’oiseau… mon Cher Éros.

Psyché